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Le blog de Rodolphe Weibel - Page 16

  • L’administration fédérale court-circuite le Parlement fédéral

    La « boucle » de l’aéroport assurera au nœud ferroviaire de Genève à peu près la même capacité que le « concept » des autorités et administrations en charge des transports. Ce concept comprend

    • une extension souterraine de la gare Cornavin comprenant deux quais à deux voies chacun, extension raccordée par des tunnels au réseau existant à proximité du Jardin botanique d’un côté, à proximité de la bifurcation Plaine – Aéroport de l’autre, et
    • une gare nouvelle à l’aéroport, souterraine en-dessous de la gare actuelle, reliée à Cornavin par un tronçon nouveau passant par Nations.

    Ce « concept », les autorités et administrations le fractionnent en plusieurs étapes. Dans sa plus récente version, ce fractionnement prévoit

    • en 1ère étape l’extension souterraine de Cornavin par un quai et deux voies seulement, et puis,
    • ultérieurement, sans qu’on sache dans quel ordre, la seconde extension souterraine de Cornavin, la seconde gare de l’aéroport et le tronçon nouveau reliant cette nouvelle gare à celle de Cornavin en passant par Nations.

    Autorités et administrations en charge des transports usent de tous les subterfuges pour faire croire aux parlementaires, aux citoyens, aux habitants que la boucle de l’aéroport doit être comparée à la seule 1ère étape de leur concept.

    Or c’est faux. Tant que la seconde extension souterraine de Cornavin et la seconde gare de l’aéroport et le tronçon nouveau reliant cette nouvelle gare à celle de Cornavin en passant par Nations ne sont pas réalisés, le concept des administrations n’augmente la capacité du nœud ferroviaire de Genève que très marginalement. Et pour que le « concept » soit équivalent à la « boucle », ces ouvrages supplémentaires sont indispensables.

    Elles savent parfaitement bien que c’est faux, les autorités et administrations en charge des transports à Berne et à Genève, mais ne se gênent pas pour répandre urbi et orbi cette contrevérité, jusqu’au Parlement fédéral.

    On vient d’apprendre que des parlementaires fédéraux prétendent que le projet de construction actuel – la 1ère étape d’extension souterraine de Cornavin - aurait été légitimé démocratiquement. Faut-il qu’ils aient été chapitrés pour commettre cette erreur : le crédit engagé en 2014 par le Parlement fédéral est de 790 millions, et le coût du projet actuel se monte à 1,8 milliards, dont un demi-milliard financé par le canton et la Ville de Genève. Le projet actuel coûterait donc à la Confédération 1,3 milliards, soit 510 millions de plus que les 790 millions décidés en 2014. Une augmentation de 65 %, sans que le Parlement fédéral ait même été invité à se prononcer. Difficile de parler de légitimité démocratique. Non, le projet de construction actuel n’a pas été légitimé démocratiquement.

    Bien sûr, Madame la Députée, Monsieur le Député. ce n’est pas votre métier, et il s’agit d’affaires scientifiques complexes. C’est pourquoi vous devriez pouvoir vous appuyer sur des administrations solides. Hélas, dans le cas présent, vous ne pouvez pas.

  • La Confédération se heurte à un adversaire anonyme

    Selon la Confédération, deux quais souterrains à 4 voies supplémentaires sont nécessaires à l’extension de la capacité du nœud ferroviaire de Genève.

     

    2022.01.26 Titre Plan sectoriel(SIS).jpgLe 26 janvier 2022, le Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication DETEC, l’Office fédéral des transports OFT et l’Office fédéral du développement territorial ARE ont publié le document intitulé PLANS SECTORIELS ET CONCEPTIONS DE LA CONFÉDÉRATION (ART. 13 LAT) - Plan sectoriel des transports, Partie Infrastructure rail (SIS)

     

    En page 146, au titre FO 3.4 Région de Genève:

    « Fonction et motif - A l’heure actuelle, l’espace métropolitain de Genève est déjà saturé par le trafic longues distances, le RER et le trafic de marchandises. Le nœud de Genève dispose actuellement de sept voies pouvant accueillir des trains de 400m et une voie de 75m en cul de sac. Pour rendre le nœud de Genève plus performant, la construction de deux quais souterrains à quatre voies supplémentaires est nécessaire » (c’est moi qui souligne).

     

     

     

    Mais, 6 jours plus tard, « on » a informé des élus du canton et de la ville qu’un quai souterrain à deux voies supplémentaires suffit à l’extension de la capacité du nœud ferroviaire de Genève.

     

    Le 3 février 2022, la Tribune de Genève, sous la plume de Monsieur Marc Moulin, relate une réunion à huis clos :

    « Dévoilé à huis clos mardi soir (le 1er février) à des élus du Canton et de la Ville de Genève, le projet révisé de la gare souterraine de Cornavin promet d’éviter des travaux à répétition tout en permettant la poursuite de l’essor ferroviaire de la région et notamment une nouvelle halte à Châtelaine. La «Tribune de Genève» vous en livre les détails » (c’est moi qui souligne).

     

    Et aussi cette description « la future gare souterraine – un quai central à deux voies, niché 17 mètres sous la place de Montbrillant. », et dans son éditorial de la même date : « Quant à la station en sous-sol de Cornavin, comment la juger pharaonique avec ses deux voies ?». Monsieur Moulin ne laisse planer aucun doute : la future gare souterraine ne comprendra qu’un quai et deux voies.

     

     

    Cela ne laisse planer aucun doute, c’est la Confédération qui a raison : pour rendre le nœud de Genève plus performant, la construction de deux quais souterrains à quatre voies supplémentaires est nécessaire. La construction d’un seul quai à deux voies n’augmente que très modestement la capacité du nœud ferroviaire de Genève, et rendra nécessaire la réalisation ultérieure d’un second quai à deux voies.

     

    De deux choses l’une : ou bien « on » se contente d’une très médiocre extension de capacité du nœud ferroviaire de Genève, ou bien « on » viole sa promesse d’éviter des travaux à répétition. Les gens des Grottes auront une seconde bataille à mener. Pour le moment, forts de la promesse que « on » leur aura faite, ils pourraient accepter la construction d’un quai à deux voies. Après ??? Je ne peux que leur conseiller de s’organiser pour être à même au moment nécessaire de s’opposer au projet de « on ».

  • Le DETEC jette par les fenêtres 4 milliards de kWh

    Madame Sommaruga déclare : « il faut arrêter de gaspiller l’énergie », mais ferme les yeux sur un faramineux gaspillage d’énergie commis ou concédé par ses services : l’équivalent de la production d’énergie d’une centrale nucléaire pendant 16 mois.

    Elle ne peut ignorer que les chantiers consomment des quantités considérables d’énergie, pour creuser, transporter les matériaux, fabriquer le ciment, forger les aciers, etc. Les grands chantiers de génie civil consomment de l’ordre de grandeur d’un kWh par franc dépensé.

    La construction de la boucle de l’aéroport, qui coûterait environ un milliard, consommerait donc un milliard de kWh, tandis que celle de la solution des administrations que dirige Madame Sommaruga, l’Office fédéral des transports et l’Office fédéral du développement territorial, qui coûterait 5 milliards, en consommerait 5.

    La centrale nucléaire de Beznau I produit trois milliards de kWh par an. Les chantiers de la boucle consommeront l’équivalent de l’énergie produite par la centrale pendant un tiers d’année, 4 mois. Les chantiers de la solution des offices que dirige Madame Sommaruga consommeraient, eux, l’équivalent de l’énergie produite par la centrale pendant 20 mois.

    Adopter la solution des administrations, c’est consommer la quantité d’énergie produite par Beznau pendant 20 mois, adopter la solution de la boucle, c’est consommer la quantité d’énergie produite par Beznau pendant 4 mois. Choisir la solution des administrations, c’est jeter par les fenêtres une quantité d’énergie que la centrale de Beznau mettrait 16 mois à produire.

     

    En résumé :

    Les chantiers de la boucle économiseront par rapport à ceux du projet des administrations 4 milliards de francs.

    Les chantiers de la boucle économiseront par rapport à ceux du projet des administrations l’équivalent de la production de la centrale nucléaire de Beznau I pendant 16 mois, 4 milliards de kWh.

    Les chantiers de la boucle épargneront par rapport à ceux du projet des administrations l’émission d’un million de tonnes de CO2.

     

    Madame Sommaruga, vous n’avez pas été formée à de telles considérations. Je vous en prie, n’accordez pas une confiance aveugle aux administrations qui traitent de ces problèmes. Je ne sais pas ce qui les pousse à trahir votre confiance, mais c’est grave, ça ébranle la confiance de tous les habitants de notre pays en toutes leurs administrations.

    Je vous en conjure, faites faire une expertise indépendante de votre administration.