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Le blog de Rodolphe Weibel - Page 51

  • Un plan directeur raisonné

    Le projet que le Conseil d’Etat vient de transmettre à Berne, sans jamais avoir informé la population, est mauvais. Il coûterait très cher, (il est vrai que le Conseil d’Etat semble y être indifférent, considérant que toute dépense d’infrastructure payée par Berne est un bénéfice pour l’économie genevoise), ses chantiers dégageraient d’énormes masses de CO2 (le Conseil d’Etat ne semble pas se sentir davantage concerné par cet aspect), il violerait plusieurs zones d’environnement précieux (ne semble pas le concerner).

    Berne refusera ce projet, comme Berne refusera les projets ferroviaires d’extension de Cornavin, de seconde gare de l’aéroport, d’absurde ligne dite diamétrale : une diamétrale en cul-de-sac à Zimeysa, où passe la ligne de La Plaine.

    Pour que les Genevois puissent se rendre compte qu’il est possible de faire beaucoup mieux pour réaliser leur volonté de traversée du Lac, je présente rapidement cette autre solution. Des solutions, il y en a peut-être – probablement même - encore d’autres.

    Pour voir plus grandes les illustrations, cliquer sur elles

    2014.12.01 Carte Ensemble GeReR.jpg

    Ma proposition de Plan directeur pour Genève comprend les éléments suivants :

    1. La boucle ferroviaire de l’aéroport, réalisée par prolongement de l’antenne que forme la gare de l’aéroport jusqu’à ce qu’elle rejoigne la ligne de Lausanne, y compris le raccordement du Vengeron qui permet de relier en direct Cornavin à Aéroport. Échéance de mise en service possible : 2030 à 2035.
    2. La traversée mixte du Lac, ferroviaire et routière. La ferroviaire relie l’embouchure du Vengeron à la courbe du CEVA immédiatement à l’est des Eaux-Vives, la routière relie l’embouchure du Vengeron à l’entrée de l’autoroute Blanche, peu avant la douane de Thonex-Vallard. Échéance de mise en service possible : 2040.
    3. L’adaptation du tunnel de Furet à la circulation de trains de voyageurs, avec un dénivelé à chacune de ses extrémités. Échéance de mise en service possible : 2030 à 2035.
    4. Le raccordement ferroviaire de Blandonnet, qui permet de relier Aéroport à la ligne de la Plaine. Échéance de mise en service possible : 2030 à 2035.
    5. Halte de Châtelaine. Echéance de mise en œuvre possible : de 2030 à 2035.
    6. Des haltes au Grand-Saconnex et au Vengeron, desservant de grands parcs d’échanges P+R.
    7. La nouvelle ligne ferroviaire Genève – Lausanne, construite le long de l’autoroute en même temps que l’élargissement de celle-ci, avec son double raccordement direct à Cornavin et à aéroport. Echéance de mise en service possible 2045 à 2050.

    2014.11.28 Vengeron - Douane.jpg

    La traversée autoroutière du Lac relie l’embouchure du Vengeron à la douane de Thônex-Vallard, s’inscrivant parfaitement entre les deux réseaux français et suisses. Son tracé suit de près la ligne droite Vengeron – Thônex. 4 jonctions sont réparties sur ce tracé, au Vengeron, au quai de Cologny, au plateau de Frontenex, et sur la route de Malagnou – route Blanche à proximité de la douane.

    La traversée ferroviaire relie l’embouchure du Vengeron à la courbe que forme le CEVA immédiatement à l’est de la gare des Eaux-Vives. A chacune de ses extrémités, la ligne se raccorde aux lignes existantes dans les deux sens.

    Le tracé de la traversée du Lac suit à 200 m environ la rive droite du Lac, là où sa profondeur est d’environ 10 à 15 mètres. A proximité du bout du lac, elle le traverse à cette profondeur.

    2018.07.30 PDF  Traversee - Raccordement rive droite.jpg

    Ce noeud routier et ferroviaire s’établit en un endroit déjà largement consacré aux transports, des personnes, des marchandises, des énergies.

    2013.00.00 Construction Traversée.jpg

    Le tracé à faible profondeur de la traversée du Lac permet de mettre en œuvre des méthodes de construction parfaitement connues, ne présentant aucune difficulté particulière. A Genève, le parking du Mont-Blanc a été réalisé ainsi.

    Le dessin fait bien comprendre l’énorme avantage que présente la réalisation d’un  tunnel à la fois routier et ferroviaire.

    2017.09.25 Coupe Tunnel Lac, hublots.jpg

    Deux galeries séparent les trois tubes. L’étage inférieur sert de galeries de secours, l’étage supérieur offre deux pistes cyclables. Des puits de lumière agrémentent le voyage, il est aussi envisagé de créer un ou deux îlots le long du tracé, offrant aux cyclistes un moment de repos.

    2014.11.30 Cologny - Vandoeuvres Orthophotot.jpg

    Les demi-jonctions du quai de Cologny et du plateau de Frontenex sont complémentaires l’une de l’autre. Au Quai de Cologny est prévu un second giratoire, symétrique de celui de la rampe de Cologny.

    2015.02.26 Claparède-Vallard.jpg

    A gauche, l’autoroute (en gris), alignée sur la route de Malagnou, sort de terre à la hauteur du collège Claparède, tandis que la route de Malagnou (en noir) s’élève pour suivre l’autoroute en viaduc surélevé, Au carrefour de la route de Sous-Moulin, un giratoire surélevé, de même qu’au carrefour de l’avenue de Thônex.

    L’aménagement de ce dispositif reste ouvert : il est notamment envisageable de l’enfoncer d’environ 5 mètres, l’étage des giratoires étant abaissé au niveau de l’actuelle route blanche, et l’étage de l’autoroute passant en tunnel.

    Genevois qui avez décidé vouloir une traversée du Lac,  qui avez fait inscrire cette décision dans votre Constitution, ne vous laissez pas tromper. Rien, absolument rien, ne permet d’affirmer qu’il n’y a pas de meilleure solution que celle que votre Conseil d’Etat a envoyée à Berne.

  • Après la boucle de l’aéroport, celle des Eaux-Vives

    La supériorité de la boucle ferroviaire de l’aéroport étant désormais largement démontrée et admise, il faut se pencher sur celle des Eaux-Vives.

    C’est à mes yeux incompréhensible. Comment se peut-il que l’on veuille réaliser une traversée routière du lac sans même envisager qu’elle puisse aussi être utile au chemin de fer ?

    Voici le projet du Conseil d’Etat, récemment publié ici: https://www.ge.ch/document/24554/telecharger

    2021.04.30 Traversée Lac Projet Etat.jpg

    J’ai esquissé il y a de nombreuses années le projet d’un telle traversée, en espérant que les autorités, fédérale, cantonale, et communales, l’examinent. Il n’en a rien été.

    2021.04.30 Traversée Lac Projet Wl.jpg

    Et pourtant. La durée du trajet en train entre Coppet et les Eaux-Vives passerait de 24 à 15 minutes, économisant 9 minutes, une réduction de 40 %, celle du trajet entre Eaux-Vives et Genthod-Bellevue passerait de 26 minutes à 6 minutes, économisant 20 minutes, une réduction de 80 % : de quoi rendre le ferroviaire très compétitif.

    La traversée ferroviaire du Lac créerait au nœud de Genève une seconde boucle qui contribuerait elle aussi à la solution des problèmes de capacité de la gare de Cornavin et du tronçon de Saint-Jean.

    Tout ça tombe sous le sens. Une étude de moins de quelques millions, attribuée à des experts indépendants, aurait suffi à régler l’affaire, mais les administrations, à Genève comme à Berne, s’y sont refusées. Il n’y a pas eu l’ombre d’une esquisse d’étude par les autorités et leurs administrations de l’opportunité et de la faisabilité d’une traversée mixte.

    Là aussi, là encore, l’insuffisance d’études conduira à la gabegie lorsque l’affaire se heurtera aux réalités.