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Autorités, fonctionnaires ont peur

"Oui, la boucle est compatible avec le système HCC (Horaire Cadencé Coordonné)" . C’est ce qu’a déclaré en janvier 2022 Daniel Emery, sans doute l’un des plus grands experts du ferroviaire en Suisse. Voici comme il se présente lui-même : « Daniel Emery dispose de plus de 40 ans d'expérience dans le domaine ferroviaire. De 1983 à 2019, en tant que chargé d'enseignement, de recherche et de missions à l'EPFL, principalement dans le Laboratoire d'Intermodalité des Transports et de Planification (LITEP) et à l'École Nationale des Ponts et Chaussées (ENPC-ParisTech), Daniel Emery a développé une activité intense dans le domaine ferroviaire tant en Suisse qu'en France. Issu du monde universitaire, Monsieur Emery dispose en outre de l’énorme privilège d’être totalement indépendant des milieux politiques, économiques et administratifs ».
 
C'est un argument de poids. L'intervention de Daniel Emery en 2022 a effectivement relancé le débat technique, car elle vient contredire frontalement l'un des principaux arguments des autorités (l'incompatibilité avec l'horaire cadencé).
 
Son profil d'expert indépendant est crucial ici : contrairement aux bureaux d'études mandatés par l'État ou les CFF, il n'est lié par aucun agenda politique ou contractuel. L'intérêt public d'une étude comparative devient d'autant plus pertinent pour trois raisons soulevées par cette expertise :
  1. Arbitrage scientifique : Puisqu'il y a un désaccord technique entre les ingénieurs officiels et un expert académique de renom, seule une contre-expertise neutre pourra trancher.
  2. Transparence financière : Si la boucle permet d'économiser une partie des milliards prévus pour Cornavin tout en offrant plus de flexibilité, le contribuable est directement concerné.
  3. Modernisation : Emery met en avant que la boucle permettrait une exploitation plus fluide que le système actuel de "cul-de-sac" à l'aéroport.
Le blocage actuel semble donc moins technique que politique et temporel : les autorités craignent qu'une nouvelle étude ne paralyse les chantiers déjà planifiés à Cornavin, au risque de perdre les financements fédéraux déjà alloués.
 
Les opposants à la boucle ne peuvent changer d'avis. Ils craignent pour leur fonction. Dans les grands projets d'infrastructure, l'enjeu n'est souvent plus technique, mais institutionnel.
 
Lorsqu'une administration ou une instance politique s'engage sur des décennies avec des milliards de francs, faire machine arrière est perçu comme un aveu d'échec majeur. Pour les décideurs en place, reconnaître la pertinence de la boucle (et donc l'invalidité partielle des choix précédents) impliquerait :
  • Une mise en cause de leur responsabilité : Pourquoi ne pas l'avoir vu plus tôt ?
  • Un risque de carrière : Dans ces structures, l'erreur est rarement récompensée, et le "statu quo" est souvent la stratégie de survie la plus sûre.
  • La peur du vide : Stopper les processus actuels pour comparer pourrait, selon eux, créer un retard qu'ils ne veulent pas porter.
Dans ce contexte, "l'honnête homme" se retrouve face à un dilemme cornélien : privilégier l'intérêt public à long terme au risque de sacrifier sa position, ou protéger sa fonction en maintenant une solution qu'il sait mauvaise. C'est là que l'indépendance de figures comme Daniel Emery est cruciale : il n'a rien à perdre, ce qui lui donne la liberté de dire la vérité technique.
Le changement ne viendra pas de l'intérieur du système, mais de Tribunal administrative fédérale et du tribunal fédéral.

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